Développement durable des entreprises: 5 excuses proscrites en 2020

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Selon une récente étude de la Maison des Tendances, 74% des sociétés belges considèrent la mise en œuvre d’actions de développement durable comme une nécessité pour maintenir leur compétitivité dans un monde en pleine évolution. Cependant, la majorité d’entre elles ne parviennent pas à déployer efficacement leur stratégie. Par ailleurs, il s’avère qu’à peine 25% des organisations à travers le monde déclare pouvoir atteindre ses objectifs de réduction d’émissions de CO2 dans les délais impartis.

carbon target corporate stats

Mais quels sont les freins et les défis des entreprises ? Et avant tout, quelles solutions novatrices pour accélérer la transition écologique ? À l’occasion de cette nouvelle décennie, les experts d’ENGIE Impact ont mené l’enquête et vous exposent maintenant leurs conclusions.


1. Nos parties prenantes ne s’intéressent pas à la transition écologique

Le Manifeste de Davos 2020 est le signe d’un profond changement dans la manière dont les entreprises définissent la notion de création de valeur. Les actionnaires ne sont plus les seuls au cœur de leurs préoccupations : collaborateurs, clients, ou encore fournisseurs attendent plus de transparence et d’engagement concret de la part des entreprises, et ce à tous les niveaux. Les attentes des parties prenantes en termes de développement durable sont fortes, notamment chez les employés. Pour 90% des « millennials », il s’agit même d’un critère crucial dans le choix de leur futur employeur. L’idée fait également son chemin chez les consommateurs, dont 66% se déclarent disposés à payer plus cher pour un produit qui serait plus respectueux de l’environnement.

Emissions disclosed stats

C’est donc une prise de conscience généralisée, qui va au-delà des biens de consommation et s’étend à toute la chaîne de valeur de l’entreprise. C’est pourquoi 95% des organisations analysées par le CDP (Carbon Disclosure Project) s’appuient sur des critères de durabilité pour sélectionner leurs fournisseurs et prestataires.

gradient-quote Le développement durable est devenu une stratégie d’entreprise à part entière. Cela permet d’établir une relation de confiance avec les employés et les clients, mais aussi de gérer les risques et de dynamiser de la valeur aux organisations. gradient-quote-right
Clinton Moloney, Managing Director, Sustainability Solutions–Americas, ENGIE Impact

2. Nous avons des objectifs bien définis, mais nous peinons à impliquer nos employés

La transition écologique sous-entend de profondes mutations, qui font parfois naître des résistances au sein d’une entreprise. C’est pourquoi l’humain se doit d’être posé au cœur de ce processus, de même que la culture de l’entreprise doit incarner la vision de ses leaders. Pour ne pas être réduites à des mesures creuses, les initiatives en faveur du développement durable doivent faire partie intégrante des missions et des responsabilités des collaborateurs de l’entreprise.

Chez IKEA par exemple, chaque directeur national se positionne comme un véritable ambassadeur de la politique de développement durable de l’enseigne, un comportement qui est propice à l’adhésion et l’implication des employés.

Pour satisfaire ses objectifs, il est essentiel que l’entreprise mette à disposition de ses collaborateurs les ressources et les outils nécessaires à leur mise en œuvre (comme par exemple des groupes de travail transversaux, des chartes internes, du reporting, etc.), mais aussi qu’elle valorise et récompense les projets les plus concluants.

gradient-quote La culture des entreprises les plus fructueuses est caractérisée par des éléments qui valorisent les accomplissements de chacun et favorisent l’innovation. Leurs dirigeants montrent l’exemple en termes d’ouverture d’esprit et d’écoute, ce qui crée une atmosphère propice aux suggestions novatrices. gradient-quote-right
Tripp Borstel, Director, Sustainability Solutions, ENGIE Impact

3. Notre entreprise n’a pas les ressources financières suffisantes

Pour plus de la moitié des sociétés françaises ou belges, le manque de budget, qui peut s’exprimer par l’absence de capital ou des délais de rentabilité trop longs, constitue l’un des principaux freins à la transition durable. Toutefois, de nouveaux dispositifs financiers peuvent les aider à surmonter ces obstacles. En effet, le contexte actuel n’a jamais été aussi favorable aux entreprises qui cherchent à concrétiser de tels projets : la baisse du coût des technologies, l’offre exponentielle des énergies renouvelables, la possibilité de « prêts écologiques » et d’assurances de solvabilité, les incitants des politiques ainsi que l’émergence de sources de revenus durables offrent de nouvelles perspectives de financement pour les programmes de développement durable.

L’essor des modèles « as a service » apporte également plus de flexibilité aux entreprises qui peuvent accéder à des technologies et des expertises de pointe « à la demande » et, de cette façon, minimiser les coûts et les risques opérationnels.

gradient-quote Les entreprises ne peuvent développer par elles-mêmes des technologies plus écologiquement propres. L’essor des modèles « as a service » est une opportunité pour toute société ayant un besoin en capital concurrentiel ou encore pour celles ayant un processus opérationnel complexe. Elles peuvent maintenant collaborer avec les meilleurs spécialistes de ces technologies, capables de financer et garantir la rentabilité de ces actifs à forte intensité de capital. gradient-quote-right
Nicolas Lefevre-Marton, Managing Director, Sustainability Solutions, ENGIE Impact

4. Le changement climatique n’affectera ni notre rentabilité, ni nos opérations



N’en déplaise aux plus sceptiques, l’impact économique du réchauffement climatique sur les entreprises est déjà bien concret et mesurable. En dix ans, les pertes financières dues aux phénomènes météorologiques cumulent à elles seules plus de 130 milliards d’euros en Europe. Outre l’intensification de ces événements, l’augmentation continue de la taxation des émissions de CO2 devrait continuer à peser sur le budget des entreprises.

Et pour preuve : la taxe européenne a atteint 28€ par tonne de carbone émise, un record depuis 11 ans. Voilà pourquoi il devient impératif pour toute société d’intégrer ces critères à sa stratégie de développement et de définir des objectifs précis à long terme.

gradient-quote Les catastrophes climatiques de ces dernières années ont montré que le coût financier et humain du changement climatique est réel, imminent et croissant. Les stratégies de diminution des émissions de carbone sont plus urgentes que jamais. La bonne nouvelle ? Nous vivons aujourd'hui à une époque où nous disposons de la science, des technologies et du financement nécessaires pour concevoir des systèmes énergétiques sans carbone qui soient intelligents, résistants et moins coûteux que les systèmes classiques. gradient-quote-right
Mathias Baer, Managing Director, Sustainability Solutions, ENGIE Impact

5. Nous n’avons pas la capacité pour recueillir des données utiles



Le manque d’informations tangibles est un obstacle auquel sont confrontées bon nombre d’entreprises. Toutefois, les progrès technologiques du Big Data et l’essor de l’IoT facilitent désormais la collecte et l’analyse des données en temps réel.

Les informations fournies par ces données permettent d’ores et déjà d’optimiser l’utilisation des ressources énergétiques. Google est ainsi parvenu à diminuer de 40% les coûts de la consommation électrique liée au refroidissement de ses data centers. Le fabricant Huawei a, quant à lui, développé un compteur d’eau intelligent permettant à la ville de Yingtan (Chine) de réduire à 12% le taux de fuite du réseau hydraulique et, ainsi, d’économiser près de 2,4 millions de mètres cubes d’eau par an.

La diffusion croissante et la baisse des prix des technologies combinées à l’optimisation continue des outils disponibles sont des facteurs clé qui permettront aux entreprises d’accélérer leurs démarches durables et d’améliorer l’efficacité de leurs actions dans les années à venir.

Force est d’admettre que la plupart des obstacles auxquels les entreprises étaient jadis confrontées sont aujourd’hui caducs.

gradient-quote Si la plupart des entreprises savent comment gérer leurs pertes et profits, ainsi que les données essentielles à leur activité, la gouvernance des données liées au développement durable est nouvelle pour la plupart des organisations et ces mêmes données sont en constante évolution. Pour utiliser au mieux ces données, il faudra bien en maîtriser les flux, institutionnaliser la manière dont nous les collectons et les numérisons. Et finalement, tirer parti de leur valeur grâce à l'application des solutions analytiques avancées adéquates. gradient-quote-right
Olivier Martin, Head of Data Science and Artificial Intelligence, ENGIE Impact

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