Votre Organisation Est-Elle Suffisamment Résiliente Pour Surmonter La Prochaine Épreuve : La Crise Climatique ?

blog | Read Time 10 min | SUSTAINABILITY TRANSFORMATION SERIES
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Malavika Bambawale Managing Director, Sustainability Solutions - APAC
Tara Norton Global Head of Supply Chain, Sustainability Solutions - EMEAI
Myriam Akhoun Director, Sustainability Solutions - APAC
Climate Resilience
Climate Risk
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Sustainability Transformation

Secoués par les chocs et tensions actuels, nombreux sont les dirigeants d’organismes publics et d’entreprises privées qui ressentent l'urgence de développer une plus grande résilience. Pour mieux prévoir les risques imminents et s’y préparer, les organisations peuvent actionner trois leviers.

En révélant la vulnérabilité de leurs chaînes logistiques, les défaillances de leurs infrastructures et les dysfonctionnements de leurs systèmes organisationnels, la pandémie de COVID-19 a exposé les entreprises à des enjeux sans précédent. La crise sanitaire, malgré son ampleur inédite, n'est toutefois pas insurmontable. Le changement climatique s’impose, en revanche, comme une réalité bien plus menaçante : des impacts physiques, économiques et sociétaux qui se matérialiseront à la fois sous forme de chocs sévères et inattendus, mais aussi de bouleversements graduels et chroniques. Le nombre de cataclysmes enregistrés chaque année dans le monde a plus que triplé depuis 1980, et on estime que leur coût a augmenté de 600 % pour atteindre aujourd’hui 200 milliards de dollars par an. D’ici 2040, on s’attend à voir ce coût s’élever à plus de 234 milliards de dollars.

En s’appuyant sur les leçons qui s’imposent de la pandémie actuelle, cet article explore les trois principaux leviers qui prépareront les entreprises aux crises et dérèglements systémiques causés par le changement climatique. Les organisations qui sauront tirer parti des technologies, repenser leurs opérations logistiques et financières et nouer des partenariats visant à mieux répondre aux principaux enjeux seront les mieux préparées pour faire face aux risques et mettre en œuvre les mesures permettant de développer une plus grande résilience.

Pourquoi le changement climatique est-il si difficile à gérer ?

Les entreprises et les gouvernements ont depuis longtemps conscience des conséquences imminentes du changement climatique. Bien que leurs objectifs de transformation durable soient devenus de plus en plus ambitieux, les entreprises et les villes ont été trop hésitantes au moment d’intégrer le risque climatique dans les stratégies globales de gestion des risques et les décisions d'investissement à long terme. Un tel retard peut être attribué à deux lacunes sous-jacentes : d’un côté, une mauvaise compréhension de ces risques et d’un autre côté, les fondements de nos systèmes présentent certains obstacles à leur mise en œuvre.

Insuffisamment connue, la crise climatique reste mal comprise

Pour accroître leur résilience, les organisations doivent acquérir de nombreuses connaissances qui leur font défaut. Désormais, il ne suffit plus de prendre conscience des risques climatiques, il leur faut désormais traduire l’impact direct ou indirect de chacun de ces risques complexes sur leur territoire ou entreprise. La tâche est ardue pour les raisons suivantes :

Nous sommes confrontés d’une part à des risques « quantifiables » (physiques, financiers, ou assuranciel) et d'autre part à des risques non-quantifiables (atteinte à l’image de marque ou aux relations avec les fournisseurs, pression exercée par les parties prenantes).

Pour compliquer encore la tâche, ces risques s’étendent sur des périodes variables. D’une part, on distingue les risques sévères et hautement perturbateurs, comme les pandémies, les inondations, les famines et les tornades. D’autre part, des risques chroniques à progression graduelle, telle que la baisse de demande pour un produit, la hausse des inégalités, la régionalisation et la réglementation.

Pour devenir plus résiliente, une entreprise doit acquérir les connaissances qui lui permettront de se préparer à affronter des risques à la fois complexes et interconnectés, tout en collectant les informations et en consolidant les processus qui formeront la base de ses réactions aux risques imprévus et disruptifs.

Difficilement applicables, les mesures d’atténuation soulèvent des enjeux de mise en œuvre

Pour mieux minimiser l’impact d’un problème, encore faut-il pouvoir le quantifier et le prévoir. Certains enjeux collectifs complexes — comme la montée des eaux, la surpopulation, la raréfaction des ressources, ou encore les phénomènes naturels de plus en plus fréquents tels que les incendies, les inondations et les longues sécheresses — demandent des solutions dont les investissements ne relèvent pas des critères financiers traditionnels et qui questionnent nos modèles focalisés sur la performance opérationnelle. L’ampleur de ces problématiques rend leur gestion par une seule organisation impossible. Face à ces obstacles systémiques, on constate une baisse de responsabilisation ainsi qu’un ralentissement notable des progrès individuels et collectifs.

  • Lier résilience et efficacité : une injonction paradoxale ? L'exigence fondamentale de rentabilité doit désormais composer avec les impératifs de la résilience. Bien souvent, les organisations cherchent à optimiser leurs coûts en regroupant et centralisant leurs opérations, un processus diamétralement opposé l’essence même des systèmes résilients. Prenons l’exemple des chaînes logistiques. Après des décennies de mondialisation pendant lesquelles le principal objectif a été de réduire les coûts, les chaînes logistiques ont pris la forme d’architectures incroyablement complexes et hiérarchisées, réparties sur l'ensemble de la planète – et bien souvent, dépendantes d’une main d’œuvre low cost et de réseaux de transport imbriqués. Produit du capitalisme actionnarial, ces chaînes logistiques sont aujourd’hui particulièrement exposées aux risques physiques, économiques et régulatoires.
  • L'ampleur du risque exige une action collective, mais le défi réside dans l'harmonisation des dispositifs incitatifs pour les diverses parties prenantes. En période de crise, divers organismes publics et privés s’unissent au bénéfice d’une cause commune. La pandémie de COVID-19 a révélé une myriade d'exemples où des villes, des centres hospitaliers et des entreprises se sont réunis pour construire des hôpitaux temporaires, créer des vaccins ou mettre les citoyens en contact avec des unités de dépistage. Cependant, il est beaucoup plus difficile de mobiliser la responsabilité collective lorsqu'il s'agit de planifier plutôt que de réagir.

Bien que les parties prenantes se soient engagées dans des collaborations intersectorielles et multipartites depuis des années pour favoriser le développement de la résilience dans la durée, ces actions doivent être accélérées afin de répondre à l’urgence actuelle. Les partenariats entre les diverses parties prenantes ne parviennent souvent pas à gagner en l’envergure en raison d'un mauvais alignement des dispositifs incitatifs ou d'une visibilité limitée entre les groupes. Sans une analyse de rentabilité soigneusement élaborée, fondée sur des visions partagées, une implication généralisée et des rapports d'avancement transparents, l'action collective s'enlisera ou s'érodera au fil du temps.

Activer la résilience sur le long terme : trois solutions pour combler vos lacunes

Les organisations doivent désormais intégrer le changement climatique lors de l’élaboration de leurs stratégies d’atténuation des risques. Dans le cadre de ce processus de planification, les organisations doivent classer les risques auxquels elles sont confrontées selon leur gravité et leur prévisibilité.

Cette matrice fournit aux organisations un guide pratique d’évaluation de leurs risques. Moins le risque est prévisible, plus il est nécessaire de disposer de systèmes fondamentaux qui les dotent des renseignements nécessaires pour agir efficacement dans les moments de crise. Plus le risque est grave, plus il est nécessaire de débloquer des sources de financement supplémentaires ou de former des coalitions pour partager les coûts et le risque des mesures d'atténuation.



Pour combler au mieux les lacunes en matière de connaissances et de mise en œuvre auxquelles sont confrontés les entreprises et les gouvernements, nous nous concentrerons sur trois leviers : la technologie, la flexibilité opérationnelle et les partenariats

La pandémie de COVID-19, a, certes, révélé d’immenses faiblesses systémiques, mais a toutefois permis l’émergence de solutions tangibles. Des entreprises de renom et les gouvernements ont fait appel à la science et à la technologie pour simuler et tester la propagation du virus. Ces informations leur ont permis de modifier rapidement leurs processus opérationnels et de nouer des partenariats pour mettre en œuvre les mesures nécessaires. Ce sont ces mêmes leviers qui doivent servir à mieux planifier et exécuter les mesures de résilience au changement climatique.

Technologie

Utilisez les ressources technologiques pour la simulation et le suivi des risques systémiques complexes.

De nouveaux outils peuvent largement contribuer à pallier au manque de connaissances. Ces outils permettront aux organisations de mieux modéliser les risques futurs et de réagir rapidement en cas de crise. Les décideurs devraient notamment investir dans les initiatives suivantes :

  • L’évaluation des risques liés aux actifs et fournisseurs à l’aide d’outils de cartographie climatique. Les modèles scientifiques climatiques dont la grande précision est aujourd’hui prouvée sont accessibles à tous grâce à l'apparition de nouveaux outils. Ces modèles peuvent servir à étayer les décisions liées à l’immobilier, à la conception d’infrastructure, à la planification industrielle, à cartographier et identifier les risques de la chaîne d’approvisionnement. Ainsi, l’outil en ligne de cartographie mondiale développé par l’Institut des Ressources Mondiales, Aqueduct Floods permet non seulement d’estimer les régions à risque, mais également de quantifier les dégâts immobiliers et humains, et d’évaluer l’impact et l’intérêt financier d’éventuelles mesures d’atténuation.
  • Les « modèles numériques » (en anglais « digital twins »), capables de modéliser des environnements complexes pour optimiser la résilience dans la durée. Les nouvelles technologies comme l’Internet des Objets, la modélisation 3D ou d’autres outils de simulations avancées ont rapidement amélioré notre capacité à simuler des systèmes complexes et interconnectés, et ainsi à renforcer notre résilience. Dans le monde entier, des villes font appel à des modèles numériques et permettent ainsi aux dirigeants, aux urbanistes, aux entreprises et aux propriétaires immobiliers de mieux visualiser l’impact du risque climatique sur leurs projets avant même qu’ils ne soient réalisés. Ces outils tirent parti de vastes séries de données (des données géolocalisées, issues de capteurs ou les caractéristiques des bâtiments) afin de créer des simulations urbaines performantes. Ces projections éclairent la planification de risques tels que l’inondation d’infrastructures urbaines, les opportunités d’intégration d’énergies renouvelables, et de bien d’autres programmes de transformation urbaine.

À l’aide de la plateforme d’ENGIE, Siradel, la Région a agrégé en à peine six mois le contenu de plus de 10 000 séries de données afin de modéliser plus de 2,5 millions de bâtiments en un seul outil, accessible en ligne à plus de 12 millions de parties prenantes.

  • C'est grâce à cette visualisation que la Région a pu donner aux Franciliens les moyens de développer de nombreuses ressources locales, tels que des panneaux solaires ou des solutions de transport urbain à faible empreinte carbone.
  • Ayant mis en place cette infrastructure de base, l’Île-de-France avait accès à la technologie nécessaire pour réagir rapidement à la crise du COVID-19. En trois jours, elle a pu lancer une plateforme collaborative reliant les collectivités locales aux ressources dont elles avaient besoin.
  • Les données en temps réel pour améliorer la traçabilité au niveau de la chaîne logistique. La technologie de la blockchain facilite l’accès aux données en temps réel, minimisant ainsi les éventuelles perturbations de la chaîne logistique et simplifiant l’identification, en cas de crise, de nouveaux fournisseurs. Confronté à une demande exponentielle d’équipements de protection, le plus gros groupe spécialiste de la santé de New York a mis en œuvre la technologie de la blockchain. À l'aide de l’application blockchain d’IBM, Rapid Supplier Connect, cette société a pu se connecter rapidement à un réseau de fournisseurs afin d’enrichir son réseau d’approvisionnement habituel. Grâce à une technologie de registre distribué, elle a su simplifier la mise en place d’un système qui, en temps normal, aurait demandé des mois de validation et d’intégration des fournisseurs. Alors que les événements météorologiques extrêmes continuent de menacer l’approvisionnement des régions les plus à risque, les technologies permettant de réagir rapidement aux bouleversements de la chaîne logistique deviennent indispensables.

Opérations

Débloquer l'Investissement dans l'agilité opérationnelle grâce à de solides évaluations des risques climatiques

Pour résister aux chocs économiques, les organisations doivent investir dans des infrastructures, et des systèmes opérationnels flexibles qui consolident les actifs et renforcent l'agilité. Mais les lacunes en matière de connaissances et de mise en œuvre entravent les progrès. Bien que les entreprises divulguent de plus en plus les risques liés au climat, rares sont celles qui calculent précisément l'impact financier ou la probabilité de ces risques. Si elles ne remédient pas à ce manque de connaissances, la plupart des entreprises ne seront pas en mesure de mettre en œuvre les mesures d'atténuation nécessaires. Les entreprises devraient plutôt tirer parti de la perspective des risques climatiques pour revoir la gestion des risques opérationnels et redéfinir les critères d'investissement.

Les cadres établis, tels que celui du Groupe de Travail sur l'Information Financière relative aux Changements Climatiques (TCFD), fournissent des lignes directrices détaillées pour aider les entreprises à prendre en compte les impacts financiers les plus pertinents, notamment les dépenses évitées, les actifs et passifs, les recettes, ainsi que les considérations relatives au capital et au financement. La prise en compte des dépenses évitées (par exemple, la réduction des coûts de maintenance et des primes d'assurance) et l'amélioration de l'accès au capital (par exemple, via des prêts liés au développement durable ou des obligations vertes) peuvent redéfinir de manière significative l'analyse de rentabilité pour investir dans les infrastructures critiques et l'agilité opérationnelle.

Chaque dollar investi dans une infrastructure résiliente
permet d'économiser 6 dollars en coûts futurs.

(Institut National des Sciences du Bâtiment)

Afin de développer la résilience, les entreprises, en considérant les risques de manière appropriée, peuvent élaborer des arguments pertinents en faveur des mesures suivantes :

  • Repenser les critères d'investissement pour les projets d'investissement en tenant compte du risque climatique. Les mesures propices à la résilience telles que les micro-réseaux, les infrastructures de mobilité électrique, et même des solutions à fort contenu environnemental auront des temps de retour sur investissement variables. Pour mieux prendre en compte les avantages et les risques à long terme liés au changement climatique, envisager les décisions d'investissement sur la base d'un portefeuille, en évaluant les coûts et les avantages globaux des technologies à plus long terme.
  • Prévoir des options de flexibilité pour diversifier vos risques. Augmenter le nombre de fournisseurs pour disposer d’une source d’approvisionnement alternative en cas d'interruption de l'activité de l'un d'entre eux. Evaluer les stocks à l’aulne du risque climatique et garantir ainsi des niveaux de stocks suffisants dans le cas d’un événement climatique.
  • Relocaliser les sources et les fournisseurs, notamment les stocks situés non loin des clients. Identifier les sources locales afin d'augmenter la capacité des fournisseurs locaux le long des voies de transport les plus exposées.
  • Investir dans des relations cruciales tout au long de la chaîne de valeur. Envisager de renforcer ces relations grâce à des partenariats à long terme ou un statut de fournisseur privilégié et travailler de concert pour aider les fournisseurs à comprendre leurs risques et à renforcer leur résilience.

Partenariats

Coopérer afin de partager les coûts, les risques et les enseignements.

La diversité des écosystèmes sera un levier essentiel pour relever les défis systémiques et collectifs posés par le changement climatique. Si les communautés s’unissent souvent à la suite d'un événement extrême, cette action collective est beaucoup plus difficile à mettre en place de manière structurée. Depuis des années, des forums comme le C40, le WBCSD et le Forum Economique Mondial ont vu le jour pour faciliter l'apprentissage et le partage de connaissances. Pourtant, des lacunes subsistent dans l'application de nombre de ces meilleures pratiques collectives au niveau local. En l'absence d'incitations et de responsabilités clairement définies, les progrès au sein des écosystèmes locaux seront lents. Pour surmonter au mieux ces obstacles, les partenaires ont besoin d'un dossier commercial clair, de modèles économiques probants et d'une communication transparente sur les progrès réalisés.

  • Explorer de nouveaux modèles économiques pour mieux distribuer les coûts. Certains modèles économiques permettent de confier à des tiers la mise en œuvre des mesures de résilience climatique afin de mieux répartir les coûts d’investissement et les risques opérationnels. Par exemple, dans le cadre de l’énergie « as a Service », les contrats d'achat d'électricité (PPA) permettent à un opérateur de contrôler la fourniture et l’installation de panneaux solaires (dont il reste propriétaire) sur un site hôte appartenant à un client, auquel il revendra l’électricité à un tarif unitaire. Le client n’a donc aucun investissement à financer et paie simplement pour le service rendu (l’énergie verte) en fonction de sa consommation. A titre d’exemple, le partage d’infrastructures critiques pratiqué par les hôpitaux et les aéroports concerne exclusivement les systèmes de secours, tels que les microréseaux qui prennent le relais en cas d’incendie, de tornade ou d’autre évènement imprévu. Un développeur finance et construit le microréseau sur le site du projet, en s’engageant à fournir à l’organisme un service de secours. Le reste du temps, il est libre de revendre l’électricité produite sur le marché national. En confiant la réalisation de l’investissement à un tiers, l’opérateur bénéficie pleinement de la construction du système, tout en minimisant sa part d’investissement.
  • Des modèles circulaires pour débloquer des ressources contribuant à votre résilience ainsi que de nouvelles sources de revenus : il est parfaitement envisageable d’optimiser la consommation des ressources en recourant à l’économie circulaire : les ressources gaspillées par un organisme servent ainsi de carburant à un autre. Certains pionniers du secteur portuaire industriel, des ensembles particulièrement énergivores, ont déjà esquissé les schémas de ces modèles circulaires. En 2018, au port de Dunkerque, les entreprises locales se sont réunies pour cartographier les flux d'énergie, d'eau et de matériaux générés par leur écosystème local. Grâce à cette transparence, les entreprises ont pu identifier des synergies et des partenariats stratégiques renforcés par des modèles économiques robustes. En modélisant les économies de coûts et les bénéfices environnementaux, le groupement d'entreprises a pu rapidement définir une relation symbiotique dans laquelle les entreprises ont pu échanger des ressources, réduisant l'impact environnemental à une fraction du prix.

gradient-quote Ces partenariats symbiotiques permettent non seulement de favoriser un approvisionnement local, et donc un accès aux ressources plus résilient, mais offrent en outre de nouvelles opportunités de création de valeur pour chaque participa gradient-quote-right
ENGIE Impact,

Pourquoi agir maintenant ?

Prendre appui sur des moments clés pour accélérer le changement

Comme l'a dit un jour l'économiste de Stanford Paul Romer : « Une crise est une opportunité à ne surtout pas laisser passer ». En ce moment, alors que nous entrevoyons l’issue de COVID-19 et surtout, au beau milieu de la décennie la plus importante pour agir contre le changement climatique, les dirigeants doivent capitaliser sur la recrudescence de notre volonté collective et l'urgence de mettre en œuvre des transformations qui renforcent la résilience.

Les organisations ont déjà profité de ce moment pour accélérer les efforts de résilience. La Commission européenne a notamment présenté un projet de loi sur la relance de la lutte contre la pandémie de coronavirus, explicitement lié à la progression vers les objectifs de neutralité climatique.

À Gênes, en Italie, la construction du nouveau pont Morandi a été effectuée en un temps record et intègre l’installation de panneaux solaires afin d’alimenter le vaste réseau de capteurs qui signalera les opérations de maintenance nécessaires. Par ailleurs, le gouvernement pakistanais a embauché plus de 63 000 travailleurs pour planter des arbustes et repeupler les forêts, essentielles pour atténuer les effets du changement climatique.

Les solutions sont à notre portée, d’autant plus que les mentalités sont aujourd’hui portées vers l'action. Afin d’instaurer une véritable dynamique de résilience, il en va de la responsabilité des entreprises et des gouvernements de tirer parti de l’urgence actuelle pour exhorter au changement, adopter les nouvelles technologies et agir ensemble pour un progrès durable.



Les auteurs remercient chaleureusement Sabeeha Islam et Jeff Waller pour leur contribution.